Rencontre #1 « les gens biens » : Fanny créatrice de la marque Entrenoue

On se retrouve aujourd’hui pour une nouvelle série d’interview sur les gens biens.

Les gens biens ? Pour mes les gens biens ce sont ceux que je trouve inspirants, dont le métier m’intrigue ou qui ont osé se lancer dans la création d’entreprise. En créant cette série, j’ai pensé à ceux qui se cherchent, à ceux qui veulent se reconvertir ou aux collégiens/lycéens qui doivent s’orienter mais sont plutôt désorientés. J’ai pensé à la jeunette que j’étais en 3ème et je me suis souvenue de la galère que c’est de choisir son avenir. Il y a des gens qui savent depuis toujours ce qu’ils vont faire de leur vie, ce n’était pas mon cas. Pour tout avouer, encore aujourd’hui j’hésite. J’aurais aimé entendre ce que des personnes qui ont trouvé leur voie professionnelle vivent au quotidien.
Rencontre avec des gens biens c’est une série d’interviews permettant de percevoir une éventuelle correspondance avec les envies, les besoins et le caractère de chacun d’entre nous.

J’ouvre cette série avec Fanny créatrice de turban et d’Entrenoue. L’histoire de cette femme est une si belle histoire, je n’ai pas pu résister, j’étais O-BLI-GÉE de lui proposer une interview !


N’est-elle pas, en plus, magnifique avec son turban ?

Belle découverte !

Julie – Mademoiselle est jolie : Peux-tu nous dire la première chose que tu fais le matin ?
Fanny : Un câlin à ma chienne, parfois contrainte et forcée, elle ne me laisse pas le choix !

Qu’as-tu dans ton sac à main ?
Dans mon sac il y a un porte-monnaie, mon permis, mes lunettes de soleil, des biscuits [j’ai tout le temps faim !] mais contrairement à beaucoup de filles, aucun maquillage.

Que fais-tu en ce moment ?
Je gère les réseaux sociaux de ma petite entreprise.

Quel métier aurais-tu détesté faire enfant ?
Prof de maths (déjà enfant j’avais des relations compliquées avec ces gens-là :p).

Quel métier voulais-tu faire ?
Je voulais devenir vétérinaire mais j’étais trop nulle en maths ^^

Que trouve-t-on sous ton bureau ?
Là tout de suite, ma chienne, avec sa balle dans la gueule, me suppliant du regard.

Quels sont tes points forts et tes points faibles ?
Je pense que mes points forts sont mon empathie et ma générosité. Mes points faibles sont mon impulsivité et ma sensibilité.

Peux-tu nous parler, dans les grandes lignes, de ton parcours ?
J’ai fait des études de mode dans une école que je détestais et qui ne m’a pas appris le quart de ce que j’aurais aimé apprendre. J’ai ensuite travaillé dans des maisons de couture à Paris mais le milieu de la mode ne me correspondait pas vraiment (je n’aime pas les gens qui se donnent de grands airs) donc j’ai tiré un trait sur mon désir d’être « petite main ». J’ai ensuite ouvert mon restaurant à Paris avec mon copain et mon frère, une aventure géniale puis à l’âge de 26 ans la maladie est entré dans ma vie par la grande porte et l’a complètement chamboulé.

Tu as créé Entrenoue après avoir appris que tu avais un cancer. Tu as pensé à la perruque, au bonnet de chimio et au traditionnel turban mais rien ne te convenait. Comment as-tu trouvé le truc en plus ?
En effet, les perruques sont parfois très difficiles à (sup)porter, les turbans traditionnels sont compliqués à nouer et tiennent très chaud et avec les bonnets de chimio, j’avais l’impression de me promener un porte-voix et une pancarte avec écrit « j’ai un cancer ! ».
Avec Entrenoue j’ai voulu dépoussiérer, à ma manière, ce que l’on trouve dans les magasins spécialisés pour les traitements. Ayant moi-même subit un curage axillaire et ayant beaucoup souffert des suites de mon opération, j’ai éprouvé le besoin de créer des systèmes d’attaches faciles et adaptés mais qui n’enlèvent en rien le look joli et fun du turban de mode traditionnel. Rester belle, féminine et coquette, le tout en s’amusant, pour moi, c’est faire un pied de nez à la maladie.

Comment décris-tu le style des turbans Entrenoue ?
Je n’ai pas voulu me cantonner à un style. J’ai créé 4 modèles, déclinés dans de nombreux tissus aux inspirations bien distinctes, qui peuvent se porter de manières totalement différentes puisqu’ils sont modulables à l’infinie pour certains. Chaque femme s’approprie sont turban en fonction de ses envies, de ses goûts, de son humeur ; un jour Rétro, le lendemain romantique, bohème ou plus chic. Les volumes sont tellement façonnables qu’ils conviennent aussi bien aux femmes discrètes qu’aux plus exubérantes.

Où peut-on acheter tes turbans ? A qui sont-ils destinés ? Comment se portent-ils ?
Vous pouvez vous procurer mes turbans sur ma boutique en ligne entrenoue.com. Ils sont destinés à toutes les femmes ! C’était mon pari, qu’il n’existe plus de cassure entre les femmes malades et les femmes bien portantes. Pour le moment je peux dire que mon pari est gagné, au-delà même de mes espérances.

Comment choisir son turban du jour ?
Je pense qu’il ne faut pas s’imposer de règles et qu’il faut laisser ses envies s’exprimer. Ne pas se soucier du regard des autres. C’est une des nombreuses choses que j’ai appris à faire depuis la maladie.

Quel est ton turban chouchou parmi ceux que tu as créé ?
Le petit dernier, il sera à la vente très prochainement sur ma boutique. Il s’agit d’un turban très malin car le volume du bonnet est déjà façonné par mes soins, il s’adapte à tous les tours de tête sans que vous n’ayez à vous en soucier et vous pouvez personnaliser une partie du volume en 2 secondes chrono ;).

Qu’est-ce qui te plaît le plus dans ce que tu fais aujourd’hui ?
Tout. En plus du travail de couture artisanale et de création, ce qui me plaît par-dessus tout sont les contacts avec les femmes, les échanges bienveillants et uniques avec cette « communauté » de personnes touchées par le même mal qui en fin de compte nous rapproche et nous fait tisser des liens incroyables.

Comment fais-tu pour concilier vie perso et vie professionnelle ?
Ce qui a motivé et inspiré mon projet provient d’une expérience et d’un vécu tellement personnel qu’il n’y a justement pas de réelle disjonction.

Quelle est ta journée type ?
Je vais dans mon petit atelier qui se trouve chez moi, je lis mes mails et regarde mes commandes puis je les prépare et confectionne ce que je n’ai pas en stock. En début d’après-midi je poste mes petits colis et ensuite je couds et gère mes papiers. En début de soirée je vais au sport pendant une heure ou deux, c’est indispensable pour moi.

Qu’est-ce que tu prépares à manger pour te remonter le moral ?
Ce n’est pas vraiment pour me déplaire mais je n’ai pas le droit de mettre un pied dans la cuisine, chez moi c’est mon copain le chef et c’est toujours la surprise ! Tout ce qu’il me prépare me remonte le moral.

Un endroit pour t’évader ?
Les grands espaces des Gorges du Verdon, j’ai la chance d’habiter dans le haut Var.

Quel est ton leitmotiv ?
L’envie de montrer à toutes mes sœurs de combat que même si la vie nous enlève nos cheveux, nos cils, nos sourcils ou notre insouciance elle ne nous retire pas notre identité ni même les couleurs de la vie, au contraire, elle les fait ressortir.

Un mot pour la fin ?
Pour reprendre les mots de Sénèque je dirais « la vie ce n’est pas d’attendre que l’orage passe, c’est d’apprendre à danser sous la pluie ».

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Cette rencontre avec Fanny est maintenant terminée, pas de panique vous pouvez la retrouver sur son siteFacebook et Instagram.

Si comme moi cette belle histoire vous a plu, je vous invite à (re)découvrir Marine De Nicola interrogée dans la série belles rencontres en 2015.

Quant à moi , je vous retrouve prochainement, en attendant vous pouvez me rejoindre par ici :
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A bientôt mes citrons pressés !

Julie – Mademoiselle est jolie sans prétention aucune

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