Je me sens fille unique

Au vu du titre, vous n’avez surement pas compris. Vous vous êtes probablement posés des questions.
Ça a l’air si simple de dire que l’on est ou non fille unique. Pourtant je n’ai pas ce sentiment, je n’arrive pas à le partager.

Je vous expliques…

J’ai grandi dans une famille recomposée. Les détails importent peu, ce n’est pas le propos, ce sont des histoires de famille. Toujours est-il qu’aujourd’hui c’est quelque chose de commun : les ménages sont plus nombreux à divorcer ou se séparer, quand j’étais plus jeune ce n’était pas le cas ou pas là où je vivais.

J’ai 3 sœurs et 1 frère mais je me sens fille unique.

En maternelle et en primaire, j’étais fière de dire que j’étais la plus jeune d’une grande famille. Seulement quand on est petit on ne comprend pas que l’on peut faire partie d’une fratrie si aucun d’entre eux ne vie chez nous. Je disais à qui voulait l’entendre que j’avais un frère et des sœurs, on a fini par me dire que j’étais une menteuse puisque personne ne les voyait. Un jour, j’ai même imploré une d’elles de venir à la fête de l’école car les autres enfants ne me croyaient pas. Elle s’en souvient encore. Ce soir là, je l’ai trimbalé partout, présenté à tous, histoire qu’enfin on ne me « traite » plus.

Je ne sais pas pourquoi, mais au collège, j’ai commencé à ne plus parler d’eux. D’abord sur les fiches demandées en début d’année puis à mes camarades. C’est venu naturellement sans prévision aucune. J’avais au fond de moi honte de les cacher, j’avais l’impression de les abandonner.

Il faut dire qu’ils vivaient dans le Sud-Est quand je réside dans le Sud-Ouest. Aujourd’hui, les filles se sont rapprochées de chez moi.

Je me sens fille unique.

J’aime les membres de ma famille. Je pense à eux souvent. Je ne les contacte que très rarement. Si on s’éloigne, je suis triste bien sûr, je ne vais cependant pas faire le premier pas, pas rapidement en tout cas. Il peut se passer des années sans que j’ai de nouvelles directes.

J’ai une théorie.

Récemment une d’entre elles m’a dit qu’enfant je m’étais plainte du manque de proximité, non pas géographique, plutôt relationnel de cette partie de ma famille. J’en souffrais énormément. Elles ont un demi-frère dont elles sont très proches. J’étais extrêmement jalouse. Mon discours l’avait émue au point qu’elle fasse le trajet Paris-Agen / Agen-Paris en un week-end pour mon anniversaire.

Ma théorie donc… Je n’ai pas grandi avec eux au quotidien, je n’ai pas ce lien indéfectible procuré par la confiance et la proximité, par les souvenirs d’un passé commun. Je n’ai pas regardé les mêmes dessins animés, pas vécu leurs aventures communes, pas partagé grand chose de leur enfance… Ce qui pourrait expliquer le fait que je me sens fille unique.

Rien n’enlève leur valeur à mes yeux. Leur présence actuelle dans ma vie.

Ils ont leur propre histoire, la mienne est détachée de cette fratrie, reliée par les liens du sang.

C’est probablement dur à concevoir. Je ne pense pas être seule dans ce cas.

Je ne suis pas fille unique.

Je suis fille unique – du côté de ma mère.

Julie – Mademoiselle est jolie

2 Comments

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

CommentLuv badge